Notturno | BAHAREH
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Italie
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Feat. : Riccardo Scamarcio
Âge : 38 ans
Statut civil : Célibataire et volage
Métier : Maître chocolatier et pâtissier au Haerlin
Taille et poids : 1m78 & 71kg

Messages : 10
RPs : 5
Autres comptes : Sebastian Rosenbach
Pseudo : LaMarquise
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Le mois de novembre était morne, cette année. Ou peut-être l’était-il toujours. Il touchait à sa fin, mais il semblait à Angelo que plus que jamais, le soleil de Sicile lui manquait terriblement. Et pourtant, il ne pouvait se résoudre à quitter. Parce qu’ici, il y avait son frère, dans une sordide prison. Ou peut-être n’était-elle pas sordide, pas tant que ça. Mais, ça lui semblait être l’endroit le plus horrible du monde parce que pour la toute première fois de leur vie, ils étaient coupés l’un de l’autre. On décidait quand ils se voyaient et pour combien de temps. On décidait de ce qu’il pouvait amener à son frère. On aimait bien lui rappeler que Carmine avait mérité sa peine. Vrai que c’était glauque, la raison pour laquelle il s’était retrouvé là, mais à son avis, on doit un jour ou l’autre payer pour sa stupidité et c’est ce que ce petit cuisinier avait fait ! Mais c’est surtout Carmine qui payait là, non ? Enfin… Il ne fallait pas demander son avis à Angelo sur le sujet. Il était tout sauf objectif et ça se comprenait, n’est-ce pas ?

Il y avait maintenant deux mois, il avait perdu sa chocolaterie. Les huissiers étaient passés après des mois de menaces. Ça s’était fait rapidement, mais pas sans douleur. Ils étaient passés et c’était terminé, voilà. Comme tout dans la vie, l’argent brûlait le bout des doigts d’Angelo. Alors il n’avait aucune réserve digne de ce nom, raison pour laquelle quelques semaines plus tard, il se retrouvait à la rue. Il avait touché le fond et il se sentait tellement engourdit qu’il n’était même pas encore capable de réaliser l’horreur de sa situation. Il aurait pu appeler la famillia n’importe quand. Mais ça ne lui était pas passé par la tête, bêtement. Peut-être parce que dans le fond, il savait qu’ils allaient le ramener au pays. Et là, il ne pourrait plus aller voir Carmine deux fois par semaine. Alors voilà. Angelo avait mis quelques trucs plus importants que les autres dans un sac poubelle hissé sur son épaule et il marchait sans but dans la belle Paris, sa main libre dans la poche de son jeans et ses boucles brunes détrempées par la pluie froide de novembre.

Certaines personnes le regardaient avec curiosité. On devait se demander ce que cet homme, bien de sa personne avec des vêtements neufs et propres sur le dos, faisait à erreur comme un mendiant. Mais il ne les voyait même pas, perdu dans de sombres pensées qui, il le réalisait bien, ne lui promettaient aucun avenir. Quand il essayait de se projeter, il ne voyait que l’obscurité. Et si c’était le cas depuis l’emprisonnement de Carmine, au moins jusque-là il avait toujours eu une raison de tenir. Maintenant ? Non, plus maintenant. Jusqu’à ce qu’on lui en donne une dans l’immédiat qui n’allait peut-être pas être utile a long terme, mais qui permet d’occuper son esprit maintenant. Un jeune homme passe en trombe à côté de lui, les membres tremblants, le regard allant dans tous les sens sans jamais réussir à accrocher quoi que ce soit, semble-t-il. Il fronce les sourcils, le suivant lentement alors que l’étranger se dirigeait vers la cathédrale. Il ne semblait même pas savoir dans quelle direction il allait…

Et Angelo en est convaincu lorsque soudainement, ce qui lui semblait être une petite chose tremblante vu son état traverse la rue sans regarder de l’autre côté. Guidé par son instinct, le Sicilien bondit, attrapant le jeune homme par la taille de son bras libre pour le soulever de quelques centimètres du sol. Il pivote, histoire que l’inconnu retombe sur le trottoir… et au même moment, un camion passe en trombe en klaxonnant comme un imbécile. Le rétroviseur frappe douloureusement Angelo au bras. Un juron dans sa langue natale s’élève soudainement et il se tourne vers le camion pour hurler quelques paroles en italien qu’il ponctue d’un magistral doigt d’honneur. Putain, ça faisait mal ! La pluie continue de tomber drue, son sac est maintenant au sol et il a tellement mal au bras qu’il se demande quelle était la sévérité de la blessure. Mais sans rien dire, Angelo reprend son sac, le hissant sur son épaule.

« Tu avais envie de finir ça en beauté, dis donc. Pile devant la cathédrale. », marmonne l’Italien, un peu ronchon après cette suite d’événements invraisemblable. Il était sur le point de tourner les talons. Mais il observe un moment le jeune homme qui ne semblait vraiment pas bien aller… C’était un beau garçon, bien habillé et qui devait forcément attirer les regards. Sauf qu’il était comme lui présentement : transit par la pluie, pas habillé pour traîner dans les rues de cette façon et perdu, de toute évidence. Alors finalement, Angelo l’attrape par un bras, avec douceur mais fermement. Et il l’entraîne à sa suite. « Viens. On est un peu cons à rester sous la pluie comme ça. Surtout à cette heure… je crois. »

Il avait perdu la notion du temps. Mais le soleil était couché et Paris brillait de mille feux. Il supposait qu’ils avaient dépassé le couvre-feu. Ainsi, sans laisser à l’autre le temps de protester, il l’entraîne jusque sous une des arches de Notre-Dame, histoire qu’ils soient au moins à l’abris de la pluie. Elle tombait de plus en plus fort. Ils en avaient presque du mal à s’entendre. C’était dingue, ça… La saison n’était pas passée ? Ah, le soleil de Sicile lui manquait vraiment…

« Pezzo di merda… », marmonne Angelo tout en laissant tomber son sac de poubelle au sol. Il frotte son bras blesse, mais regrette rapidement. La douleur commençait à irradier dans l’épaule et bientôt, dans l’omoplate. Quand rien n’allait… vraiment rien n’allait ! « Moi je viens d’être foutu à la porte de mon appart’. Toi, c’est quoi ton excuse ? »

Mais Angelo n’était pas vraiment brusque. Il voyait bien que le jeune homme était en crise de… quelque chose. Il parlait surtout pour combler le vide, le silence. Et attendre que ça reviennent doucement du côté de l’étrange garçon.
Mer 3 Oct - 7:57
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