Was machts du hier ?! | MAGNUS
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Feat. : Daniel Brühl
Âge : 40 ans et il vit un peu mal ce passage à une nouvelle dizaine !
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Dans la cuisine, on n’entendait plus que le son des grills encore ouverts. Il n’y avait toutefois plus rien dessus. Plus de viande. Plus de légumes. N’en restait que l’odeur dans l’air, qui imprégnait l’endroit ad vitam aeternam. Une dizaine de paire d’yeux étaient tous fixés sur le petit maître d’hôtel. De la rage irradiait littéralement de tous les pores de sa peau. À ses pieds, les restes d’une assiette gisaient. Et si Sebastian Rosenbach était fort capable de lancer un projectile improvisé à l’autre bout de la pièce sous le coup de la colère, ce n’était pas lui qui l’avait fait, c’était son chef cuisinier. L’Allemand était encore un brin sous le choc. Sous la colère, il y avait la peur. Son regard était fixé au sol, sur un morceau de porcelaine blanc et rouge. Le blanc, sa couleur originelle. Le rouge, les quelques gouttes de sang qui avaient perlées de la blessure que l’assiette lui avait laissé sur la joue, pour s’écraser finalement au sol. Ou plutôt, sur l’objet brisé.

Par-dessus le grill, il entend maintenant des pas lourds qui s’approche. Sebastian relève la tête, fronçant les sourcils et serrant des poings qu’il aurait soudainement espéré plus gros. L’avancée de son chef cuisinier était menaçante. Il savait parfaitement bien reconnaître ce genre d’émotion, surtout quand on voulait si fortement la lui communiquer.

« Vas-t-en, Wolfgang. Sors de ma cuisine immédiatement. », gronde doucement Sebastian, tremblant de la tête aux pieds. Il serre davantage les poings pour éviter à ses mains de lui faire un remake de casse-noisette. C’est à peu près à cet instant qu’il réalise quelque chose : les cuisiniers autour sont pétrifiés. Ils n’agiront pas. Ils ne lèveront pas le doigt contre leur commandant en chef. Quand avait-il perdu le contrôle de son restaurant, exactement ? Qu’en penserait son père, ce leader né ? Le chef réplique avec hargne qu’il s’agit de sa cuisine à lui. Sebastian abat son poing sur le comptoir de métal au même moment. « C’EST MON RESTAURANT, C’EST MA CUISINE ! SORS IMMÉDIATEMENT !!! »

La voix habituellement si douce résonne avec force dans la cuisine, surprenant tout le monde. Son regard est dur et froid, mais ça lui prend une détermination à toute épreuve pour le maintenir ainsi alors que un à un, les cuisiniers s’excusent, retirant leur tablier, quittant. Dieu, s’il avait pu arracher son air satisfait à Wolfgang pour l’étouffer avec… Une main trop grande enserre son bras, au-dessus du coude. Sebastian réagit comme on chat qu’on plongerait dans l’eau. Il donne un coup du plat de la main contre le torse de l’homme, sursaute, grogne… Puis soudainement, c’est une voix bien différente qui s’élève et qui l’appelle. Une voix teintée d’un accent reconnaissable parmi tous. Sebastian avait entendu dire qu’il était arrivé en ville ces derniers jours. Il n’avait pas voulu le croire, niant en bloc. Pourquoi reviendrait-il à Paris ? Mais il n’hallucinait pas… et quand Magnus s’approche, le plus délicieux des parfums masculins semble d’un coup effacer celui des grills, de la sueur et de Wolfgang Bauer.

« Tu as toujours eu le don d’arriver pile au moment où tu pouvais jouer les chevaliers servants avant de repartir sur ta moto, sale gosse… », murmure lentement Sebastian. Il ne quitte pas son chef cuisinier des yeux, mais ce n’est clairement pas à lui qu’il parle. C’est à Magnus Frölander. Un mélange de prince et de badboy. Surtout badboy, en fait… on n’allait pas se mentir. « Si je n’étais pas assez avisé pour ne pas oser, je croirais presque que tu as mesuré ton entrée… »

D’une bonne poussée, Sebastian profite de la surprise de son chef cuisinier actuel -ou plutôt ex-chef à présent- pour s’extirper de sa poigne douloureuse.

« Sors de ma cuisine, Bauer. Tu es renvoyé. », ajoute plus calmement l’Allemand avant de lever une main. Il la glisse lentement contre la blessure à sa joue, en récupérant le sang chaud et poisseux. Bauer ne bouge pas, mais cette fois, le regard de Sebastian ose enfin se poser sur Magnus. Il soupire. C’était étrange, trois ans après sa disparition soudaine… « Je t’ai cru mort. »

Oh, oui. C’était clairement un reproche. Sebastian se racle la gorge. Il essuie sa main tachée de sang sur un torchon, puis redresse le dos et replace d’un mouvement sec des deux mains sa veste de complet.

« Alors, tu venais sortir les poubelles ? Parce que j’en aurais de toute évidence bien besoin. »

En parlant du chef cuisinier, de toute évidence. Même s’il essayait de se cacher derrière toute sa belle effronterie, Sebastian était chamboulé. Il n’avait plus peur, toutefois. La seule présence de Magnus suffisait à l’apaiser. Pourtant, ça aurait dû être le contraire. De quel droit réapparaissait-il trois ans après avoir disparu du jour au lendemain ? Mais… Sebastian savait qu’il ne pourrait jamais lui en vouloir bien longtemps… C’était à ça qu’il était condamné. Il y avait pire.



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Sam 29 Sep - 18:53
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Paris… C’était presque étrange de revenir ici. Trois ans s’étaient écoulés, toute sa vie avait changé et pourtant il semblait à Magnus que Paris, elle, était restée exactement la même, immuable devant l’éternité du temps qui passe…

Ses pas, après qu’il ait quitté l’aéroport de Roissy, l’avaient directement mené vers le quartier latin où le restaurant d’Étienne s’était longuement tenu. Entre temps il avait apprit sa fermeture et bien sûr Magnus savait qu’elle était en grande partie de son fait. Aujourd’hui c’était devenu un magasin de cosmétique un peu bâtard qui offrait l’opportunité de profiter de quelques soins spa en arrière boutique. Un spa dans ce qui fut sûrement sa cuisine… Quelle hérésie.

Une vendeuse lui avait sourit à travers la vitrine… Et spontanément Magnus lui avait rendu son sourire. Elle ne ferait toutefois pas de vente avec lui : il ne comptait même pas rentrer. Le Suédois était attendu en fait, même si la personne qui l’attendait ne le savait pas encore. Sebastian était à Paris encore. Du moins il était de retour après un bref retour au source en Allemagne, à ce qu’il lui semblait. Il pouvait se tromper. Son père lui avait permit de reprendre son rôle au sein du Haerlin qui jouxtait un hôtel prestigieux dont il était le propriétaire. A bien des égards, Sebastian était souvent passé pour l’homme qui se faisait embobiner par un Magnus qui n’en avait qu’à la fortune paternelle, notamment disséminé dans la restauration ou surtout hostellerie…

Bref. Lorsqu’il avait mit les deux pieds là il avait été accueillit par une belle jeune femme. Une brune ni grande ni petite, avec de belles jambes sous sa jupe et son collant. Brune mais presque rousse en réalité. Un beau bout de femme mais s’il lui avait fait un sourire charmeur, Magnus en était néanmoins resté là… Il était devenu un peu plus sage et il n’était clairement pas là pour ça. Alors il raconte simplement qu’il est un ami de Sebastian, baratine à propos d’un post en cuisine. Elle hésite mais il s’affiche confiant et au final l’accès aux cuisines lui est laissé quand Magnus tire de sa poche une vieille photo de Sebastian, Angelo, Carmine et lui devant le restaurant d’Étienne.

Ceci étant dit rien ne l’avait préparé à ce qu’il découvre dans la cuisine du Haerlin. Il tombait visiblement à la fois très bien et très mal. Sebastian était là, la joue légèrement écorchée, une assiette brisée à proximité. C’était de toute évidence le chef actuel qui avait été l’auteur de ce geste de violence. D’une certaine façon, Magnus comprenait. C’était peut être un truc de chef que d’avoir cette violence au fond d’eux-même… Lui-même était un colérique. Mais jamais il n’avait levé la main sur personne comme Carmine… Et surtout pas sur Sebastian il va sans dire.

Les hommes du rang commence à quitter. Le navire prenait l’eau, l’équipage quittait le navire avec son capitaine. Un mauvais capitaine.

« Bonjour Sebastian. »

Son arrivée, plutôt calme, attire la plupart des regards et les hommes dans la cuisine s’arrêtent, indécis. Magnus s’approche pour de bon, pas un pet de peur au fond des yeux vis à vis de ce chef de pacotille. Il a un sourire aux quelques mots de Sebastian, poursuivant simplement :

« Alors c’est lui le chef médiocre que tu as embauché pour le restaurant de ton père ? »

De toute évidence ses quelques mots ne font pas plaisir !

« Personne ne quitte les lieux. Il y a un déjeuner à servir. »

Magnus a un signe de la tête pour le sous-chef, l’invitant sans plus de cérémonie à récupérer sa brigade pour la remettre au travail. Peut être qu’ils sont comme des animaux ensuite, à sentir la relative légitimité qu’il avait à donner des ordres dans une cuisine… Parce qu’ils reprennent effectivement leur place, de manière incertaine, prudente… Mais ferme.

Le chef cuisinier actuel est viré… Et ça ne pouvait pas mieux tomber. Lui aussi pourrait affirmer que s’il ne connaissait pas mieux Sebastian, il penserait cette mise en scène parfaitement étudiée !

« Je ne suis pas mort, tu vois. »

Il était sans doute même plus vivant que jamais. Magnus récupère un morceau de tissu propre pour le donner à son vieil ami, qu’il essuie cette blessure sur sa joue. Son regard en revient encore au chef qui venait d’être congédié tandis que Sebastian fait encore preuve de hargne… Mais quiconque le connaissait aussi bien que lui saurait que ce n’était qu’une façade aujourd’hui.

« Je ne crois pas que ce sera nécessaire. »

Mais il met ce « Bauer » au défis du regard, de toute évidence. Mais la cuisine s’était retournée contre son premier maître, la légitimité de son royaume lui ayant échappée, l’autre homme se dégonfle finalement. Il a bien une insulte ou deux en passant et en quittant les lieux… Mais c’est tout.

« On dirait que tu vas avoir besoin d’un chef. »

Et avec sa propre effronterie naturelle :

« Ça tombe à pic. J’ai besoin d’un boulot et d’un toit pour loger. »

Puis si jamais il avait besoin de préciser :

« Je crois savoir que tu as quelques chambres de libre dans l’hôtel de ton père. »

Il avait sûrement beaucoup à se faire pardonner… Mais « pardon » était un mot trop difficile à dire. Alors Magnus restait sur son insolence habituelle.

« Ça fait plaisir de te revoir. Même si de toute évidence, je t’ai connu avec des jours meilleurs. »

Dim 30 Sep - 10:43
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Sebastian sent à nouveau la colère monter à lui, quoi qu’elle n’ait pas encore commencée à redescendre. Disons juste qu’elle atteignait un pic jusque-là rarement exploré, lui qui explosait pourtant assez facilement. Une part de lui, qu’il allait assurément taire, était soulagée de voir Magnus. Pas juste à cause de son petit problème actuel. Mais parce qu’il semblait bien portant et c’était la dernière chose à laquelle il s’était attendu, pour être franc. Même qu’il était un brin sous le choc, pour tout dire. Mais une plus grande partie de lui était réellement en colère de voir ce petit impertinent déjà se comporter en maître dans sa cuisine et sa vie après tout ce qu’il s’était passé. Sebastian croise les bras, dans une attitude de toute évidence fermée et têtue.

« C’est un abruti, mais c’est un bon cuisinier. », peste Sebastian, en voulant amèrement à Magnus de le forcer à lancer des fleurs à cet homme qui venait tout juste de l’agresser parce qu’il n’était pas capable de prendre la responsabilité de ses propres erreurs. Mais il fallait bien qu’il défende ses choix, surtout vu la situation précaire dans laquelle ils étaient depuis un certain temps… « De quel droit mets-tu les pieds dans mon restaurant en prenant le contrôle de cette façon ?! Est-ce que je dois te rappeler… »

Sebastian a un rapide regard autour de lui. Tous les yeux étaient braqués sur eux. Déjà, Magnus avait opéré sa magie… et la curiosité y faisait aussi pour beaucoup. Il était évident que le retour de l’homme le mettait dans tous ses états. Alors il baisse un peu la voix, mais le ton empressé et l’accent guttural qui ressortait plus que jamais prouvaient à eux seuls qu’il avait du mal à se contenir.

« Je t’ai cru mort. », répète-t-il lentement, mais sèchement, son regard ne laissant aucun doute sur le fait qu’à nouveau, c’était un reproche qui était formulé. Mais cette fois, ça tenait plus de l’effroi… Il saisit le bout de tissu qui lui est tendu, le pressant doucement contre sa coupure. Quand le choc, la surprise et la colère allaient tous trois êtres tombés, il allait être blême qu’on ait abîmé son visage de la sorte. Ouais, finalement, la colère ne retomberait probablement pas avant un moment… Il observe la petite scène qui se déroule sous ses yeux, silencieuse. D’un regard, Magnus renvoie son ex-chef… et ça fait grogner Sebastian. « Regarde-toi, encore en train d’épater la galerie. Et tu vas me dire que tu as changé ? »

Et voilà que le Suédois arrange les choses de façon beaucoup trop simple ! Sebastian pince ses lèvres déjà fines en signe de déplaisir. Il lance le linge sur un comptoir non utilisé, garde le silence un moment, observant les cuisiniers déjà en train de travailler. C’était comme un raz-de-marée qui montait en lui, le submergeait et il semblait ne pas pouvoir s’en débarrasser !

« Aujourd’hui seulement. », déclare soudainement l’Allemand, son regard en revenant à l’homme. Il l’observe un moment sans rien dire. Ses beaux yeux pétillants, son sourire insolent, ses mèches désordonnées, ses airs de badboy… Les années ne lui avaient rien enlevé, au contraire. Et ça aussi, c’était quelque chose qu’il garderait pour lui. « Tu cuisines aujourd’hui. Tu peux rester trois jours à l’hôtel. Ensuite, tu t’arranges. »

Sebastian pousse un juron en allemand, soudainement ! Parce que voilà que non content de venir l’insulter dans son propre restaurant, Magnus en rajoutait une couche !

« Des jours meilleurs ?! Je te ferai remarquer que tu n’es plus aussi mignon que tu l’as été jadis, toi non plus ! », s’exclame-t-il dans un suédois académiquement correct et teinté de son accent allemand. « Ne me fais pas regretter… Et ce n’est que parce que je suis dans la merde, ne l’oublie pas ! »

Après, bye bye Magnus Frölander. Pourtant, Sebastian savait. Il savait déjà qu’il n’arrivait jamais longtemps à dire non à cet homme-là. Au moins, on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas essayer de le repousser !



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Lun 1 Oct - 8:15
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« Un bon cuisinier aurait permis à ce restaurant d’obtenir une troisième étoile et je crois savoir que vous vous battez déjà pour garder la seconde. Les vrais bons cuisiniers se font rares. »

Magnus revenant peut-être de manière repentante mais il n’avait jamais été connu comme quelqu’un sachant ranger sa langue dans sa poche. Il ne le disait pas pour faire mal, pas à cet homme-là… Juste pour remettre certaines choses à leurs places. Il était temps que Sebastian s’entoure différemment. La salle, son domaine, celui où il régnait en maître, était parfait. La cuisine était à refaire. Elle était correcte. Elle était même bonne sans doute, pour les papilles moins exercées. Mais elle n’était pas parfaite. Et Sebastian, tout comme lui, visait la perfection, non ?

Ils attirent l’attention, ce qui n’effarouche pas spécialement Magnus. Il avait toujours aimé être au sens de celle-ci, un peu narcissique, un peu orgueilleux. Ou beaucoup orgueilleux. Bref. Sebastian cherche davantage à faire profil bas mais il a tant de peine à se contenir que c’est lui qui monopolise le plus l’attention au final et Magnus esquisse un de ces petits sourires en coin qui étaient une sorte de marque de fabrique chez lui.

Le suédois acquiesce à propos de sa prétendue mort. Il avait bien comprit. Et après un moment de réflexion à seulement regarder son vieil ami comme s’il le voyait pour la première fois, il convient d’ailleurs :

« D’une certaine façon je suppose que c’était un peu le cas. »

Quant à avoir changé… Magnus hausse les épaules.

« J’ai résolu mes problèmes d’addiction, pas changé de caractère. »

Il était « toujours le même ». Sans la drogue, sans l’alcool. Deux addictions qui avaient poussé aux extrêmes ses traits de caractères. Il n’était pas fier mais il assumait ses conneries. Il fallait bien pour réussir à avancer. Et la preuve qu’il savait encore jeter un regard sur le passé :

« Je suis passé dans le quartier latin. »

Pour voir le restaurant d’Etienne. Du moins, ce qui avait été son restaurant. Le leur aussi un peu, surtout à la fin. Et parce qu’il se devait de dédramatiser un peu :

« Celui-ci est plus élégant. »

Sebastian lui donne en tout cas l’opportunité de travailler ici… Mais toujours tout à sa colère –ce qui n’allait décidément pas l’aider à ne plus saigner !- l’allemand lui mettait déjà une deadline pour le moins très courte. Aujourd’hui ça ne pesait pas très lourd sur la balance. Mais il fallait mettre le pied dans la porte comme on dit alors :

« Aujourd’hui c’est bien pour commencer. »

Non : il ne comptait pas partir. Et Sebastian savait que tout aussi têtu soit-il, il l’avait toujours gagné au final. D’aucun aurait pu argumenter qu’après trois ans de disparition ce « talent » n’était peut-être plus le sien. Mais Magnus n’avait pas pour habitude de partir perdant… Et puis Sebastian le connaissait bien, il savait qu’il allait continuer à être tannant pour obtenir ce qu’il voulait. Inconsciemment, il ne faisait que lui donner le temps nécessaire pour le faire. Et lorsque l’homme s’exprime soudainement en suédois, il y a un court moment de battement. On ne surprenait pas Magnus facilement mais de toute évidence, Sebastian y était parvenu. Alors embrayant lui aussi dans cette langue, forcément très confortable dedans :

« Hé bien, Johann… Tu es plein de surprise. »

Et sans le vouloir, en lui donnant l’opportunité de glisser ce prénom que trop peu connaissait, il lui offrait l’occasion de pousser davantage la porte, non ? Ceci étant dit, que tout soit clair entre eux :

« Je parlais de ta joue, ne t’emballe pas. »

Et lissant un pan d’une veste imaginaire, Magnus ajoute d’ailleurs :

« Et je suis comme le bon vin, je crois au contraire que j’ai tendance à m’embellir, non ? »

Il blaguait. Peut-être qu’il avait un soupçon de narcissisme en plus de son orgueil mais Magnus ne passait pas son temps à s’admirer. Ses rares préoccupations quant à son gabarit venaient quand le bouton de ses pantalons se faisaient plus difficile à fermer et là encore, ça ne lui prenait pas trop de temps pour perdre les quelques kilos superflus.

Et finalement, commençant déjà à argumenter :

« Aujourd’hui et demain disons. Sois beau joueur : aujourd’hui le service va déjà bientôt se terminer. Demain j’aurais plus d’occasion de prendre possession de la cuisine. »

Et d’essayer de la faire sienne, comme prévu. Magnus n’était pas prêteur… Et lui donner une fois, c’était lui donner toujours.

Lun 1 Oct - 8:52
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Il était insupportable, n’est-ce pas ? Sebastian ne répond pas à ça. En partie parce qu’il n’y avait rien à dire pour sa défense si ce n’était des mensonges. Ce qu’il se refusait à faire pour l’heure. C’eût été bien bas de sa part et il n’avait clairement pas besoin de ça en plus. Il suit Wolfgang du regard. Et voilà où allait son chef allemand. Comme quoi, ce n’est pas parce que ça avait un peu de patriotisme que c’était bon… Il allait probablement retourner au pays, la queue entre les jambes, même s’il essayait de ne pas perdre la gueule devant eux présentement avec ses deux ou trois insultes ridicules. Quant à ces fameux problèmes d’addictions, leur mention ramène le regard de Sebastian à Magnus.

« Lesquelles ? La drogue, l’alcool ou le sexe ? Ou c’était dans un autre ordre ? On finit par s’y perdre. », demande Sebastian, pas nécessairement pour être blessant, mais surtout pour se protéger lui-même de ces addictions qui n’étaient pas siennes. « Pour combien de temps, Magnus ? »

Il pousse un petit soupir. Oh, l’homme avait l’air solide, fort et bien mieux que la dernière fois qu’il l’avait vu. Mais on n’était jamais sûr avec ce genre de problèmes… Quant au restaurant d’Étienne, Sebastian baisse brièvement le regard, acquiesçant lentement. Oui ça… Une tragédie, de l’avis de tous dans le milieu. Dire qu’ils avaient été si haut. Et maintenant ils étaient si bas, tous.

« Carmine est en prison. », fait soudainement remarquer Sebastian. Il ne savait même pas pourquoi il amenait ce sujet sur le tapis. Peut-être parce que c’était juste bizarre d’avoir Magnus dans une cuisine sans les deux pestes italiennes à ses côtés. D’ailleurs, concernant l’autre… « Leur père m’a appelé il y a quelques mois. Angelo ne va pas bien du tout. Il est de retour en Italie, avec ses parents. »

Ce n’était pas de la faute de Magnus, cette fois. Tout n’était pas de la faute du Suédois non plus, il ne fallait pas exagérer. Il balaie du revers de la main la façon dont l’homme voit soudainement cette journée de travail, tout en sachant fort bien qu’il avait pourtant raison. Tout était un tremplin pour aller plus haut, dans la vie de Magnus. Mais Sebastian n’allait pas mentir : ça lui plaît de surprendre son vieil ami… et ça fait peut-être un brin rougir ses pommettes que de l’entendre l’appeler Johann, ce qui n’arrivait clairement pas souvent. Il se détourne un peu pour camoufler son trouble, se raclant la gorge dans le but avoué de se redonner un peu de contenance.

« Je suis rouillé. Je ne faisais guère que lire les journaux ces dernières années… », murmure Sebastian. Cherchant le nom de Frölander dans les colonnes. Il avait lu à plusieurs reprises celui du frère de Magnus, mais jamais celui de la star de la cuisine jusque-là. Et puis finalement… voilà qu’il avait mieux qu’une rubrique bâtarde dans un journal suédois. Il avait l’homme lui-même en face de lui. La suite lui arrache un petit sourire, néanmoins… et Sebastian réplique avec un brin d’amusement : « Attention, tu vas finir par t’étouffer dans ta modestie. Ne prends pas trop la grosse tête. Tu as toujours eu beaucoup de concurrence avec les jumeaux. »

Pas à ses yeux. Mais ça, c’était une autre histoire ! Mais déjà, voilà que Magnus essaie de grapiller une journée de plus, ce qui ne peut que lui faire lever les yeux au ciel ! Sebastian tourne les talons, grognant par-dessus son épaule :

« Aujourd’hui et demain. Avec un nouveau menu demain ! Je vais être dans mon bureau. Viens quand le service sera terminé. C’était ma putain de journée de congé, aujourd’hui !! »

Et sur ce, il claque la porte derrière lui, tentant de retrouver toute cette mauvaise humeur qui semblait tellement plus légitime envers Magnus que la joie qu’il avait à le ravoir dans les jambes. S’assoyant à son bureau, le maître d’hôtel du Haerlin ouvre un tiroir pour en sortir un petit miroir, observant son reflet et, surtout, la petite blessure qu’il allait soigner immédiatement. Il allait devoir s’occuper… parce qu’il allait être difficile de ne pas aller rôder en cuisine !



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Lun 1 Oct - 9:30
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Légitime. Alors Magnus se contente de garder son petit sourire, ne comptant pas répondre à ces questions qui n’attendaient pas vraiment de réponse. Il avait eu de nombreux travers, de nombreux vices. Il avait emmené bien du monde avec lui, sans même en prendre réellement conscience. Pas que ça le dédouanait mais qui le connaissait réellement savait que son objectif n’avait jamais été de s’empoisonner et de passer le virus à qui que ce soit d’autre. Quant à savoir combien de temps il tiendrait, il a un nouveau petit haussement d’épaules. Ce n’est pas que ça n’avait aucune importance… C’est que c’était une question dont personne ne pouvait vraiment détenir la réponse.

« Autant que ce sera possible. Et je suis sobre depuis deux ans, huit mois et quatorze jours, si jamais ça compte. »

Un bref élan nerveux à donner cette périodicité l’oblige à venir faire un de ces tocs qu’il avait lorsqu’il n’était qu’un civil… Le bout de son pouce rejoint le bout de son index, puis de son majeur, l’annulaire et finalement l’auriculaire… Avant de repartir dans l’autre sens. Ce TOC là était apparu pendant son sevrage. Une méthode de détente et de concentration qu’on lui avait apprise mais qui, chez le maniaque des TOCs qu’il était, n’avait fait qu’en faire émerger un de plus au final.

Magnus acquiesce à propos de Carmine, parce qu’il le savait. Il aurait voulu développer à ce sujet mais ce n’était pas le lieu ni l’heure. Pour le moment il ne pouvait pas non plus agir comme le maître des lieux même si le naturel reviendrait certainement rapidement au galop. Au final leur conversation tourne un peu court après quelques informations sur lesquelles Magnus allait pouvoir méditer en cuisine. D’ailleurs, sitôt Sebastian les talons tournés, Magnus était allé sortir sa veste de son sac avant de se laver les mains. Il avait demandé son nom à son sous-chef, un sous-chef temporaire, ne lui en déplaise… Et puis il avait remis en route les cuisines.

Nul doute que dans cette cuisine on n’avait jamais entendu autant crier qu’aujourd’hui… Mais les hommes du rang ici avaient, pour trop d’entre eux, des réflexes professionnels qui ne lui convenaient pas… Et Magnus n’était pas du genre à remettre au pas de quelques douceurs et paroles sucrées, disons…

Au final le coup de feu avait passé à la fois très vite et très lentement. Tout le monde était fatigué, pour ne pas dire sur les rotules… Mais pas Magnus qui après l’effort d’un dîner éprouvant se sentait paradoxalement comme revigoré. C’était l’adrénaline et toutes ces choses.

Sebastian pour sa part n’était pas beaucoup sortit de son antre. Ou alors s’il l’avait fait, Magnus ne l’avait pas vu, trop concentré sur ce qu’il faisait, survolté… Il n’avait pas cuisiné depuis trop longtemps… Et loin d’en avoir perdu, il semblait à Magnus que ça l’avait rendu plus conscient que jamais de ce qu’il faisait.

Bref. Journée de travail terminée donc et Magnus va frapper à la porte du bureau, entrant néanmoins immédiatement, trouvant Sebastian penchant sur des livres qui, vu les lignes qui s’étiraient, devait en être un de compte.

« Tu sais que la plupart des gens se sont mis à l’informatique depuis ? »

Magnus vient se laisser tomber assit en face de son vieil ami et, comme s’il n’y avait pas eu une pause de presque deux heures et demi, il reprend là où ils en étaient restés :

« Carmine sort à la fin de la semaine. Je le veux comme sous-chef. Angelo n’attend qu’un appel pour être là. »

Il savait que ce dernier ne pouvait pas bien aller mais évidemment il n’avait pris aucun plaisir à en avoir la confirmation un peu plus tôt. Si Sebastian et son frère étaient des jumeaux indépendant l’un de l’autre il en était tout autre pour les jumeaux Greco.

Magnus fouille dans sa poche jusqu’à en sortir un petit sachet à épice remplit de baie de goji. Il en prend un à l’intérieur, venant couper la baie séchée entre ses incisives avant de la mâcher pour de bon. Et comme le regard de Sebastian se pose sur le sachet il le lui montre.

« Baies de goji séchées, tu en veux ? »

Puis d’expliquer :

« Leur goût sucré me fait du bien. »

Les drogués étaient souvent accros au sucre. Si Magnus avait finalement pu se passer de ce genre de substance, psychologiquement celui du sucre lui faisait encore du bien. Et ce genre de petites baies, c’était meilleur que du sucre raffiné quoi.

« J’ai appris que tu étais retourné en Allemagne. Qu’est-ce qui t’a ramené en France ? »

Lun 1 Oct - 9:54
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Sebastian ne dit rien, mais il voit. Il voit la nervosité. Il voit ce qui semble être un nouveau TOC à ajouter à une liste interminable. Il voit qu’au final, Magnus a beau dire, il est toujours prisonnier. Le sera toujours. En quelque part, ça fait mal à voir. Mais il ne dit rien, parce qu’il n’y avait pour le moment rien à dire et tourne donc simplement les talons. Dans son bureau, la petite plaie ne prend pas beaucoup de temps à soigner parce qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Il la désinfecte, pestant pendant tout ce temps sur le stupide chef cuisinier qui avait osé lever la main sur lui, plus ou moins. Au moins était-elle vraiment superficielle et déjà demain, il allait pouvoir y mettre du fond de teint pour éviter qu’elle ne dérange son service impeccable. Et Dieu sait qu’il fallait que le maître d’hôtel soit impeccable dans ce restaurant qui tombait en ruines pour faire oublier tout le reste… Magnus avait sûrement raison de critiquer certains de ses choix, même si Sebastian ne l’admettrait jamais à voix haute.

Une demi-heure après que les cuisines aient commencées à grouiller d’activité, Sebastian ne peut s’en empêcher. Il se glisse hors de son bureau, restant dans le cadre d’une porte pour observer la cuisine. Elle n’avait plus été si bien gérée depuis longtemps et pourtant, c’était loin d’être parfait. La moitié des cuisiniers semblait être terrorisée par Magnus. Ça promettait… Après un long moment à jouer les fantômes, il était finalement retourné à son bureau, sortant des livres de comptes qui ne laissaient rien présager de bon, mais qu’il comptait bien redresser un peu ces prochains mois. Peut-être que finalement, le retour de Magnus rendait l’exercice plus facile. Ou bien peut-être que c’était le beau temps avant la tempête. Avec le Suédois, ce n’était jamais le contraire… Finalement, la porte de son bureau est poussée. Il aurait bien parlé des coups portés contre celle-ci, mais de toute évidence, ils ne comptaient pas puisque Magnus entre comme dans un moulin !

« Écrire me détend. », fait simplement remarquer Sebastian, pas prêt à en plus commencer à se défendre outre-mesure d’utiliser des moyens rustiques ! « J’ai une secrétaire qui s’occupe de l’informatique et je m’en porte très bien. »

Un long soupir franchit néanmoins le seuil des lèvres de l’Allemand. Il s’adosse à son fauteuil, déjà las et pourtant, Magnus ne l’avait pas surpris sur ce coup-là ! Il pensait juste qu’il aurait la décence d’attendre un peu avant de monter une nouvelle équipe…

« Tu es out dans deux jours, Magnus. », déclare simplement Sebastian. Il croise les jambes, jouant nerveusement avec son élégant stylo-plume Montblanc. Le genre d’outil qu’on ne retrouvait pas dans n’importe quel bureau ou dans n’importe quelle poche de veste et pourtant, Sebastian était bien le genre d’homme à flamber presque 1 500 euros sur un simple crayon. « Tu ne m’as jamais vraiment pris au sérieux en dehors de la salle à manger, c’est décourageant. »

Son regard se pose sur le sachet qu’avait sorti Magnus de sa poche. De toute évidence, il avait surtout effectué certains remplacements dans sa vie. Mais il décline en secouant doucement la tête. Pas de baies de goji pour lui aujourd’hui. Il avait l’estomac noué et sa gorge le menaçait de l’étouffer sans aide externe.

« Tu n’as pas peur qu’à revenir dans le même cadre qu’avant, tu rechutes ? Je croyais qu’il était bon de faire des changements majeurs. Changer de fréquentations. De lieu de travail. De ville de résidence… », fait lentement remarquer Sebastian. Il ne raillait pas, présentement. Il ne comprenait juste pas ce qui avait ramené Magnus ici. Une incompréhension qui était de toute évidence elle aussi partagée. « Je devais faire la paix avec Paris. Avec mes propres erreurs. Celles que tu essaies de me faire commettre à nouveau, je te signale. »

Un soupir se fait entendre alors que Sebastian se relève. Il pose son Montblanc dans le porte-plume, puis fait quelques pas dans son bureau, s’approchant d’une fenêtre pour observer la journée pluvieuse que Paris leur offrait aujourd’hui.

« Mon père est à Berlin, mais tu vas sentir sa rage jusqu’ici quand il va savoir que tu es de retour. », fait finalement remarquer le maître D’, impassible. Pourtant, ça tournait à une vitesse folle dans sa tête. Son père allait vraiment être en colère, dans le fond de son lit. Malade, mourant même si Sebastian ne voulait pas se l’admettre, mais toujours aussi caractériel. « Mais c’est moi que tu dois convaincre. Vous le savez tous les deux. C’est la raison pour laquelle on sait déjà qui a gagné. »

Et il ne fallait pas croire : il n’était pas serein avec cette idée. Encore une fois, il avait l’impression d’être utilisé. Ça n’avait rien de très bon pour la fierté et bon sang que Sebastian pouvait en avoir… beaucoup trop !



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« Chacun ses hobbies, je suppose. »

Ecrire ou lire ne faisaient clairement pas partit des siens et en même temps, dans son tempérament extrême, Magnus n’était pas capable de penser à grand-chose d’autre qu’à sa cuisine, à ses objectifs. Avec la drogue, l’alcool et, si ça faisait plaisir à Sebastian de l’inclure, le sexe, Magnus compensait la pression qu’il se mettait tout seul, lui faisait sortir « la tête du guidon ». Aujourd’hui c’était différent. Il allait devoir se trouver de nouvelles activités sûrement. Casser la routine qui l’avait enfermé dans ce qu’il était devenu.

« Ho tu as un secrétaire »

Le tout dit sur un air par très très sérieux, voir un peu pompeux ! Ca faisait tellement « Rosenbach », de mêler à la vie l’argent. Parce qu’avoir un secrétaire de son point de vue c’était un signe de richesse oui ! Mais Magnus ne trouvait pas ça mal. Ni d’avoir de l’argent ni de s’en servir. Sebastian était un homme déjà occupé. Il ne ferait pas si bien les choses s’il devait s’attarder sur ce qui, à ses yeux à lui, n’avait pas d’importance. Quant à être out « dans deux jours » Magnus a un sourire amusé.

« Deux jours à partir de maintenant ? C’est noté. »

Ça lui avait fait grappiller un jour facilement au moins ! Quant à prendre Sebastian au sérieux ou bien pas, Magnus se contente d’un petit sourire d’abord… Avant de finalement assurer :

« Je te prends toujours au sérieux. »

Mais de convenir :

« Mais ça ne m’intéresse pas toujours d’aller dans ton sens. »

On aurait pu croire que ça l’intéressait même rarement mais non, il ne fallait rien exagérer. Sebastian était un visionnaire, tout comme lui. Sans doute même un visionnaire plus sage, qui savait se projeter sur plus loin que lui sur tous les plans. Financier entre autres choses justement. Quant aux questions que l’homme lui pose soudainement, elles faisaient un écho amusant avec ses propres pensées un peu plus tôt.

« Ce n’est pas la cuisine qui m’a fait chuter. C’est ce qui m’a fait tenir. »

Pour lui c’était limpide. Malgré tous les travers qu’il avait eus, malgré sa vie dissolue, explosées… Venir au restaurant avait été une routine presque salutaire. Il ne se droguait pas « sur place ». Il n’y buvait pas non plus. Quant au sexe… Disons jamais pendant le service. Et surtout il était à l’heure. Même Sebastian ne pouvait pas lui enlever ça. Ca n’aurait pas tenu « toujours » néanmoins… Et ça, il pouvait bien l’admettre.

« Je vais me trouver des hobbies. »

Dieu seul savait encore ce que ce serait mais il venait d’arriver ! Il fallait lui laisser un peu de temps pour trouver quelque chose !

« J’ai changé toute ma vie pendant trois ans. Je suis prêt. »

Il avait bien appuyé sur ce mot. Il était prêt.

« Comme on dit, lorsqu’on tombe de cheval il faut remonter en selle. »

Il voulait monter le même cheval, en quelque sorte. Et franchement, plongeant son regard clair dans celui de Sebastian un long moment, Magnus s’enquiert :

« Tu vas me faire croire que tu as renoncé à la consécration ? A la troisième étoile ? »

Pas lui, n’est-ce pas ? Sebastian pouvait tout lui dire mais pas ça. Ça, ce serait vraiment comme de la trahison. Parce que ça avait été un rêve éprouvant et commun pendant trop longtemps pour qu’il l’abandonne simplement, jetant un peu de terre par-dessus pour l’enterrer pour de bon. Sebastian était plus ambitieux que ce qu’il vivait aujourd’hui non ? D’ailleurs, dans ses raisons de revenir à Paris, il y avait un peu ses raisons à lui aussi, non ? Lui aussi voulait remonter en selle.

« Ne te contente pas d’un âne quand tu peux avoir un cheval de course. »

Et rien à foutre de l’humilité. Elle était rangée au placard là. Par contre Magnus observe un petit instant de silence poli à propos du père de Sebastian. Il savait un peu dans quelle situation l’homme se trouvait. Et il se doutait un peu qu’il ne le portait pas dans son cœur même s’ils ne s’étaient jamais réellement connus en fait.

Magnus penche la tête sur le côté, un fin sourire aux lèvres, ne commentant pas à propos de cette victoire qu’il osait s’attribuer sans même que Sebastian ne dise quoi que ce soit.

« Tu vas rendre ton père fier. »

Corde sensible au demeurant. Mais Sebastian connaissait peut être bien tout ce qui le composait, l’inverse pouvait se révéler très vrai également.

« Et comment va ton frère ? »

Il ne l’avait plus revu depuis encore plus longtemps !

Lun 1 Oct - 11:29
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Comme le disait Magnus ! Par contre à propos du secrétaire, Sebastian lève brièvement les yeux au ciel. Eh bien oui, il en avait un. Un secrétaire personnel, d’ailleurs, qui n’était pas particulièrement rattaché au restaurant mais qui avait son bureau ici par souci de praticité. Et qui, bien sûr, abattait du boulot lié au restaurant, mais juste pour alléger sa propre peine à lui !

« C’est bon, tu t’en es remis ? Il fait un excellent travail. J’ai déjà bien assez à faire moi-même… », grogne l’Allemand tout en poussant un petit soupir excédé. Il n’y avait que Magnus qui pouvait lui taper sur les nerfs comme ça sans qu’il en garde la moindre rancune ! Et peut-être un peu les jumeaux… mais eux encore se méritaient plus souvent qu’à leur tour une volée de bois vert ! Mais voilà que Magnus l’exaspère à nouveau en grapillant une journée de plus. « Je ne vais même pas perdre mon temps à répondre à ça. Tu vas avoir une mauvaise surprise, c’est tout. »

Il a un regard pour Magnus, hautement dubitatif parce qu’il ne croyait pas que l’homme le prenne tellement au sérieux, pour sa part ! Mais de toute évidence, il avait raison sur un point : il adorait être en désaccord avec lui !

« En plus je suppose que la cuisine telle qu’elle est ne te plaît pas. », fait remarquer Sebastian, sarcastique. « Tu m’as toujours coûté cher, tu sais ça ? »

Puis, Magnus explique ce que la cuisine avait été pour lui : son salut, en quelque sorte. Mais juste temporaire. N’était-ce pas à cause de la pression dans celle-ci qu’il était tombé si bas ? Parce qu’il ne pouvait endurer ce qu’il y avait après. C’est-à-dire « rien ».

« Oui. Tu as définitivement besoin d’un hobby. », convient Sebastian en acquiesçant, parce qu’il le croyait très sincèrement. Et ça l’inquiétait. Il n’y avait jamais eu que la cuisine pour Magnus. Alors qu’est-ce qu’il allait vraiment trouver pour s’occuper ? « Tu sais, pour certains une femme et un enfant sont des hobbies satisfaisants… »

Pas que ça lui plaisait de le proposer, mais ne sait-on jamais… Sebastian observe justement un couple qui passe tout près, riant et un peu trop près à son goût pour la bonne tenue en public. Sûrement un jeune couple. Il les méprise silencieusement par péché d’envie. Son ancien ami lui assure être prêt. Sebastian n’est pas certain, pour sa part… mais il connait bien assez le Suédois pour savoir que quand il avait une conviction, on ne l’en détachait pas si aisément. Alors il ne répond même pas. Et puis, malgré tout, il l’avait vu ce soir en cuisine. Magnus avait assuré. Comme à l’époque. Il savait, en quelque part, que tout en ayant besoin d’éviter les travers de Magnus, il avait besoin de ses qualités dans son restaurant.

Sebastian se retourne alors que déjà, l’homme lui parle de la troisième étoile. Bien sûr, il était ici pour ça… L’Allemand croise les bras, pianotant doucement juste au-dessus d’un de ses coudes, signe qu’il réfléchissait.

« Bien sûr que non. », répond-t-il finalement, parce que c’était la vérité. Il n’avait pas renoncé. Lui aussi était revenu pour ça, en quelques sortes… Mais les choses ne s’étaient pas déroulées exactement comme prévu et il n’avait pas su bien s’entourer. « Mais dans l’état, j’ai d’autres préoccupations… »

Comme conserver la deuxième… Par contre, à ce que l’homme ajoute à propos de son père, Sebastian en revient à la fenêtre, le regard triste. C’était la vraie raison pour laquelle il voulait cette troisième étoile : enfin voir un peu de fierté dans le regard de son père. Il n’y en avait jamais eu. Il avait vu Alexander gravir les échelons de la légion étrangère, rien de moins. Y prendre sa place. Partir sur des missions hautement dangereuses pour toujours revenir en un seul morceau. Puis, arrêter ces missions, prendre le commandement d’une partie des troupes. Oui, dans le regard de leur père, c’était plus qu’acceptable et ce, malgré le détachement d’Alex pour l’élite et l’argent. Justement, voilà que Magnus se renseigne… et Sebastian hausse les épaules.

« Toujours dans la légion étrangère. Il a arrêté les missions suicide, tu savais ? Il est maintenant à la tête d’une division. », explique-t-il lentement. « Il va bien. Il est à Paris présentement. Tu vas sûrement le croiser. »

Alexander risquait ne pas être l’homme le plus heureux de revoir Magnus, mais son frère avait toujours eu de la retenue, au moins… Sebastian décroise les bras, seulement pour pianoter d'une main contre le cadre de la fenêtre. Il allait probablement s'installer à son instrument ce soir pour évacuer un peu de tension. C'était incroyable l'état dans lequel Magnus pouvait le mettre.

« Et ton frère à toi, il va bien ? », demande soudainement Sebastian. Il se retourne vers Magnus, l'observant un moment avant de convenir : « Je l'ai rencontré ici même il y a deux ans. Si je ramenais un tel homme à mon père, il oublierait probablement ses vieux préjugés. »

L'aîné des Frölander était magnifique, tiré à quatre épingles, possédait lui aussi un charme très naturel et était de toute évidence issu de la haute société. Un gendre idéal pour une famille comme les Rosenbach, en somme.

« Il n'avait pas l'air d'être là pour les plats. Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

Peut-être pas grand-chose, même si Sebastian espérait un peu l'inverse.



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Lun 1 Oct - 19:31
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« Ho mais je n’en doute pas. »

Toujours avec son petit air un peu haut perché et caricatural néanmoins ! Il faut dire que Sebastian était typiquement ce genre d’homme qui n’aimait péter nulle part ailleurs que dans la soie, comme on dit ! Alors ça lui allait bien d’avoir ce secrétaire décidément ! Quant à la journée qu’il avait grappillé, Magnus ne pourrait dire à quel point Sebastian avait l’air d’être à deux doigts de lui sauter à la gorge sans pour autant y venir. Il comprenait sa colère, sa rancune, son amertume. Mais malgré tout ça, tout n’avait pas complètement changé, il le sentait bien.

Un sourire se peint sur les lèvres de Magnus à propos de la cuisine. Sebastian le connaissait vraiment bien. De fait il ne tergiverse pas, acquiesçant en convenant :

« Il faudrait quelques réaménagement. Et de quoi ranger les casseroles et les poêles en batterie de chaque côté, pour plus de praticité. »

Et pour satisfaire d’autres de ses tocs au passage disons. Quant à son nouveau hobby qu’il n’avait pas encore trouvé, Magnus songe un instant à taquiner Sebastian en lui parlant d’un casino mais il sent qu’avec cette blague là il ferait un véritable plat… Il s’abstient donc, soupirant brièvement en suggérant :

« Je pourrais me prendre un de ces abonnements cinémas qui fonctionnent bien en ce moment. »

Ces cartes à l’année qui permettaient d’aller au cinéma autant qu’on le souhaitait dans l’année, pour tous les films. Sans être un très grand cinéphile, Magnus ne détestait pas non plus se poser devant un bon film. Ou s’endormir devant, selon ! Et puis rieur :

« Ils font même des cartes duo, tu as vu ça ? »

Il a un petit clin d’oeil charmeur, naturel, demandant donc d’un ait taquin :

« Tu veux aller au cinéma après le service ? »

Par contre Sebastian lui répond avec une hérésie, une histoire de femme et enfants en terme de hobby et son air mi-confus mi-désapprobateur doit probablement parler pour lui.

« Tu trouves que c’est fait pour moi ? »

Il avait passé sa vie à vivre dans des hôtels où il ne rentrait jamais que pour dormir une poignée d’heure trop courte… Il était bordélique en plus de ça. Un éternel absent parce que son travail l’obnubilait… Qui pouvait tolérer ça ? En tout cas haussant encore les épaules :

« Je pourrais prendre un chien aussi. »

Et de fait :

« Tu es toujours allergique ? L’hôtel les accepte ? »

Parce que ça faisait deux bonnes raisons de ne pas en prendre, si jamais… ! Pourtant ça aurait pu être une bonne idée. Ça aurait fait de la compagnie… Une de celles qui dépendent de vous et qui vous oblige à un minimum de responsabilités. Bref… Magnus s’approche de la fenêtre juste pour voir ce qui amenait un regard tellement sombre sur le visage de son ami… Et il observe silencieusement le jeune couple passer sans rien dire.

« Tu profites des soirées parisiennes, toi ? »

Magnus acquiesce pour ce qui était des priorités parce qu’il savait que la seconde étoile de l’établissement de Sebastian était sur la sellette.

« Tu as besoin de moi. »

Il ne le disait pas comme un preux chevalier… Il le disait comme un homme qui avait sans doute un peu trop confiance dans ses propres capacités. Mais ça avait toujours fait partit de son personnage et personne ne s’était jamais attendu à ce qu’il change à ce niveau lui semblait-il.

Une ombre passe dans le regard de Sebastian et Magnus pose une main sur son épaule, la laissant ensuite glisser dans le dos de l’homme, atteignant la cambrure subtile de ses reins avant de s’éloigner tandis qu’il retourne à sa chaise, laissant Sebastian lui donner quelques nouvelles d’Alexander.

« Non je l’ignorais. »

A propos des missions suicides. Le genre dont on savait qu’elles étaient pénibles mais dont on ignorait tout le reste. La légion étrangère, c’était tout un symbole ici. A travers toute l’Europe en fait et même bien au-delà. Magnus a un petit rire et histoire de l’expliquer :

« J’essayais d’imaginer sa Seigneurie Johann dans les tranchées de la légion ! »

Une image rocambolesque, s’il en fallait ! Il n’ajoute en tout cas rien pour ce qui était de croiser l’autre allemand, si semblable physiquement au premier mais sans aucun rapport dès qu’il ouvrait la bouche. A l’inverse des frères Greco il était très difficile de confondre les jumeaux Rosenbach.

« Henrik va bien. »

C’était un peu délicat pour lui de parler de son frère. Pendant près de 25 ans ils ne s’étaient pas revus, ne s’étaient pas parlés… Le contexte de leurs retrouvaille avait été particulier disons… Et ils apprenaient encore à faire avec ce nouveau lien à jamais indéfectible de toute évidence. Magnus lui devait beaucoup, il en avait parfaitement conscience.

« Hé, ne parle pas de mon frère comme si tu préférais qu’il soit là plutôt que moi ! »

Difficile de dire si Magnus l’avait sincèrement mal prit ou si c’était une boutade. Lui-même n’aurait peut être pas su le dire. Quant à ce qu’il avait bien pu raconter à son aîné :

« Je suppose que je ne lui ai rien caché. Qu’est-ce qu’il voulait ? »

Parce qu’il n’avait jamais su qu’Henrik avait poussé la curiosité jusqu’en France...

Mar 2 Oct - 5:30
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Seigneur ! Mais décidément, Magnus n’avait pas perdu son côté exaspérant. Il avait raison : il n’avait pas changé, juste laissé de côté les addictions ! Et bien sûr, le voilà qui parle déjà de rénovations dans la cuisine. Ça allait coûter une blinde. Ce n’était pas une petite cuisine de maison de campagne à 15 000 € ! Mais Sebastian a un rire qui tient un brin de la raillerie à propos du besoin de « praticité ». Il n’ajoute rien, mais avec le regard qu’ils échangent, il est sûr qu’ils comprennent tous les deux. C’était surtout une histoire de TOC, pas de praticité… mais passons. Sebastian était bien placé pour savoir qu’assouvir ces TOCs était une nécessité dans la cuisine de Magnus. Sinon, l’homme pouvait vite perdre sa concentration et devenir encore plus colérique. Et bon sang, quand on avait un tel talent entre les mains, on voulait qu’il soit à son maximum, bien sûr !

Quant au cinéma, Sebastian a un moment de silence. Il avait attendu ce genre d’invitation depuis des années, dans le fond… Mais Magnus s’adonnant à d’autres lubies plus dommageables en dehors du boulot, ce n’était juste jamais arrivé. Alors, idiot comme il est, il s’entend répondre par la négative, sa fierté parlant pour ses envies.

« J’ai déjà un engagement, ce soir. », répond simplement Sebastian tout en détournant le regard, un réflexe qu’il avait lorsqu’il mentait, mais sans jamais s’en être rendu compte. Ah, ces airs charmeurs. Ils avaient réussi à lui manquer, c’était dingue, non ? « Mais c’est une bonne idée, tu devrais faire ça. »

Quant à cette histoire de femme et d’enfant, il hausse lentement les épaules. Et après avoir observé un instant Magnus, perdu dans des pensées qui n’appartenaient pas à la réalité, Sebastian relève un peu le menton en répondant à cette question qui n’était pourtant que rhétorique.

« Je pense que tu serais un bon père. Mais probablement pas un bon mari. », déclare-t-il simplement, avec une sincérité qu’on ne pouvait clairement pas lui retirer en ce moment. D’ailleurs, il finit par ajouter plus doucement : « J’aurais aimé avoir des enfants, moi. Au moins un. »

Bien sûr, il pense à Nikita. Mais Nikita… il était déjà grand quand il l’avait rencontré. Il n’avait pas habité très longtemps avec lui et même encore là, même quand le jeune homme l’avait suivit jusqu’à Paris, il continuait à sentir les effets du syndrome du nid vide ! Par contre, Magnus parle soudainement de chien et Sebastian grimace ! Il détestait les animaux. Principalement parce qu’il y était horriblement allergique.

« Oui, je suis toujours allergique. Et ça dépend. On accepte les petits rats de compagnie que ces dames aiment traîner dans leur sac. », grogne le petit maître d’hôtel, toujours pas convaincu par cette idée. Mais il ne perd pas le nord lui non plus. Ils étaient deux à être de véritables boussoles ! Alors il ajoute : « Mais tu vas te trouver un appartement. Dans trois jours. Tu as oublié ? »

Il quitte le couple des yeux ensuite, suivant la belle silhouette de son ancien ami qui s’approche jusqu’à lui. Il regarde son profil, comme gravé dans le marbre. Puis, il en revient à la fenêtre, haussant simplement les épaules. L’Allemand ferme les yeux. En partie à cause de ce « tu as besoin de moi » qui sonnait de façon trop vraie à ses oreilles pour être sain. Puis, à cause de cette main. S’accrochant à son épaule, chaude même au travers du tissu de sa veste et de sa chemise. Glissant en une caresse dans son dos, dessinant une série de petits frissons à sa suite. Et trop brièvement contre la chute de ses reins, les forçant à se cambrer un peu d’instinct. Sebastian rouvre les yeux, observant simplement Magnus s’éloigner. Il a un sourire amusé à la suite. Parce que mine de rien, le Suédois lui avait peut-être demandé des nouvelles de son frère, mais en une fraction de seconde il réussit à ramener le sujet à lui, Sebastian, comme si de rien n’était. C’était un truc que faisait toujours Magnus quand il lui parlait et il n’allait pas se mentir : c’était une des raisons pour lesquelles il était tombé amoureux. C’était bon de sentir qu’on comptait pour un homme comme celui-là.

« Je ne tiendrais même pas 15 minutes dans l’armée régulière. », fait remarquer Sebastian, levant brièvement les yeux au ciel. Lui, il était le métrosexuel de la famille. Un homme de goût qui aimait beaucoup trop son petit confort ! Il l’assumait même si parfois, il enviait un peu Alexander ! « Et toi, tu les rendrais tous dingues. On est mieux de se tenir loin de ces fanfaronneries. »

Puis, voilà qu’il lui parle de son frère à lui. Henrik. Un nom noble pour un homme qui en avait tout le profil. Sebastian penche néanmoins légèrement la tête sur le côté en observant Magnus. Il rêvait ou son ami avait eu une pointe de jalousie dans la voix ? Dieu, il aurait aimé percer ce mystère, mais il était hors de sa portée pour le moment !

« Je ne sais pas ce qu’il voulait. À tout prendre, j’aurais dit qu’il était dans le coin pour affaires et qu’il a décidé de faire un tour pour me voir. Juste me voir. Il m’a posé beaucoup de questions sur le menu sans écouter les réponses. », fait remarquer Sebastian. Finalement, il revient à son bureau, s’y assoyant à nouveau. « Il faudra le lui demander. Je ne sais vraiment pas ce que j’ai de si intéressant pour qu’il pousse la curiosité jusqu’à venir ici. Je me trompe peut-être. Il voulait peut-être simplement manger… »

Mais son ton était éloquent : ce n’était pas l’impression que cette visite lui avait laissée. En même temps, si Magnus ne lui avait rien caché… Ils savaient tous les deux ce qu’il en était des sentiments de Sebastian, alors.

« Peut-être qu’il savait qu’un jour ou l’autre tu allais revenir… »

Peut-être qu’il avait voulu s’assurer que Magnus était entre de bonnes mains. Et regardez qui était là, à présent…



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Mar 2 Oct - 6:04
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Il remarque l’œillade de Sebastian… Mais à ses yeux à lui, elle est plus complice qu’autre chose. Des jumeaux Greco ou de Sebastian, Magnus n’aurait su dire lesquels connaissaient le mieux ses tocs et la manière de les gérer en douceur dans sa cuisine. Peut-être même dans sa vie.

En revanche Sebastian prétexte avoir mieux à faire que d’aller au cinéma avec lui et si Magnus parle de « prétexte » c’est qu’il connait encore assez Sebastian pour savoir qu’il lui monte un bateau. Toutefois il n’insiste pas, acquiesçant simplement brièvement.

« Comme tu veux. »

Il irait peut être réellement se faire un ciné de son côté. Ou peut-être qu’il pousserait jusqu’aux quais de Seine et qu’il y marcherait un long moment. En plein soleil les températures étaient encore douces… Mais la nuit venue ou à l’ombre, Paris commençait déjà à se montrer froide en ce début d’automne. Bientôt le vent se lèverait pour de bon et à la grisaille tristounette des journées venteuses s’ajouteraient la pluie… Parfois à Paris il pouvait pleuvoir durant des jours… L’eau de la Seine grimpait à des seuils inédits et bien que ce soit une catastrophe sur bien des points, Magnus trouvait la Paris sous les eaux magnifiques à contempler.

Quant à être un bon père, Magnus a un petit rire sans être réellement plus amusé que ça. Drôle de constatation ! La précision est moins flatteuse, lui faisant lever les yeux au ciel en revanche !

« Pourquoi spécialement un mauvais mari, si je suis un bon père ? »

Qu’est-ce qui lui permettait d’être bon avec un enfant, mais pas avec l’autre parent de ce dernier, hein ?

« Toi j’ai appris que tu avais quelqu’un sous ton aile. Je l’ai vu en arrivant au restaurant. Difficile de ne pas le remarquer en même temps je suppose. »

Grand, tout fin, des tatouages qui se devinaient, des yeux très bleus… Et un accent indéniablement russe même s’il avait presque dû tendre l’oreille pour l’entendre, lui qui était habitué aux bruits forts de la cuisine par-dessus lesquels les cuisiniers devaient crier pour se faire entendre. En tout cas ça ne semblait avoir satisfait la soif que Sebastian avait d’obtenir un héritier un jour.

« Un petit Rosenbach troisième du nom ? Ou une petite fille ? Je te vois bien avec une fille. »

Il la gâterait sûrement trop et cultiverait sans même le vouloir son goût pour les belles toilettes et les jolis bijoux !

En tout cas son idée d’un chien tombe définitivement à plat et Magnus soupire, ignorant le sujet des chiens de poche qu’une clientèle fortunée pouvait affectionner apporter avec elle. Il hoche négativement la tête ensuite néanmoins parce qu’il n’avait pas oublié le deal et les trois jours.

« Tu m’enverrais dormir sous les ponts ? »

Son regard se pose sur Sebastian, intense. Mais finalement, parce qu’il n’était pas encore aussi d’aplomb qu’à l’ordinaire peut être, il s’entend ajouter :

« Tu n’es pas obligé de répondre. »

Il lui avait déjà mentit une fois il y avait quelques minutes… Et Magnus n’était pas certain d’avoir envie qu’il recommence sur ce sujet là. S’ils en avaient blagué ça aurait différent… Mais il fallait malgré tout une certaine réadaptation à leur situation.

Le sourire sur les lèvres de Sebastian est fugace… Mais pas moins sincère pour sa part. C’est sûr que l’armée n’était pas faite pour lui et vice-versa.

« Encore moins pour la légion étrangère. »

Probablement la plus difficile, à ce qu’on disait. Et à en croire les quelques reportages impressionnants qui documentaient le sujet il voulait bien le croire.

« Moi j’ai toujours eu un problème avec l’autorité alors tu as certainement raison. »

Au moins était-il lucide sur ce défaut… !

Des précisions à propos d’Henrik… Des suppositions… Magnus reste silencieux. Il n’en est pas moins attentif, réfléchissant… Mais ça avait toujours été compliqué pour lui que de se mettre dans la tête de son aîné. Il l’avait admiré, détesté… Mais jamais il ne l’avait détesté sans l’admirer plus encore.

« Je ne sais pas. Je lui demanderais à l’occasion, si tu veux. »

Si Henrik était venu voir ce qui l’attendait à Paris, se doutant déjà deux ans avant ça qu’il reviendrait, alors il avait jugé que Sebastian était assez bon pour lui, non ? Magnus a un nouveau silence… En fait, dans la pièce, tout est silencieux pendant un instant. Son regard va jusqu’à sa montre.

« Je devrais y aller, si je veux arriver avant les prochaines séances. »

De cinéma, il voulait dire !

« On se revoit demain. Passe une bonne soirée Sebastian. »

Ils avaient besoin de réfléchir, de méditer un peu sur cette journée, ces dernières heures et même peut être plus spécifiquement ces dernières quinze ou vingt minute…

Mar 2 Oct - 8:25
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Cette histoire de père et de mari, c’était probablement une très mauvaise idée de l’avoir amenée sur le tapis. Mais Sebastian l’avait cherché. Il hausse doucement les épaules aux interrogations de Magnus. Elles étaient légitimes. Toutefois, le sujet restait délicat et expliquer ce qu’il en pensait serait probablement blessant. Il pouvait choisir ses mots comme il le voulait, les faits restaient identiques. Alors il se contente de la surface. De sa propre expérience, sans critiquer le caractère de Magnus.

« Je ne t’ai jamais vu tomber amoureux. », déclare-t-il simplement en poussant un petit soupir. « Pas que je ne t’en crois pas capable... Mais, je ne t’ai juste jamais vu en couple. Je sais par contre que tu serais beau à voir avec un enfant. »

Tout simplement. Il savait même que si ça lui tombait dessus du jour au lendemain, Magnus en prendrait la responsabilité. Oh attention... pas nécessairement « là tout de suite ». Mais il finirait par le faire. Il se trompait peut-être. Mais il sentait que ce n’était pas le cas. Puis, Magnus lui parle de Nikita et lentement, Sebastian acquiesce. Il n’avait pas vraiment envie d’en parler maintenant à l’homme. Mais il le ferait éventuellement. Et il le lui présenterait plus officiellement, parce qu’ils savaient tous les deux que Magnus était ici pour rester. Quant à l’enfant qu’il aimerait avoir... c’était drôle que son ami sache déjà ce qu’il en était.

« Une petite princesse, oui. Ça me plairait. », convient-il donc tout simplement. En vrai, la discussion était surréaliste. Ils sautent ensuite à Magnus et une potentielle nuitée sous les ponts... et Sebastian lève les yeux au ciel en soupirant. Non, il n’était pas obligé de le faire, mais il fait simplement remarquer : « Nous savons tous les deux ce qu’il en est. »

Non. Il ne le ferait pas. Ça ne serait pas faute d’essayer. Mais il ne pourrait jamais. Magnus n’était-il pas sa plus grosse faiblesse, finalement ? Il balaie rapidement le sujet de la milice, parce que de toute évidence, ils ne feraient pas de vieux os là-bas ni l’un, ni l’autre. Alexander était quand même bon pour aimer sincèrement ça. Ou un peu fou. Sûrement les deux, dans le fond. Quant à Henrik Frölander, ça lui fait doucement hausser les épaules, encore une fois. Il n’était pas certain de vraiment vouloir savoir ce que l’homme avait dans la tête. Il était bien placé pour savoir que l’esprit des Frölander était parfois... intense ! De toute façon, Magnus se relève, prêt à partir... et Sebastian reste pour sa part assis, le regardant un long moment sans rien dire. Il acquiesce finalement avec lenteur, reprenant son élégant stylo-plume pour se pencher à nouveau sur ses livres de compte.

« J’irai te voir demain. », convient-il simplement. Et avant que l’homme ne quitte, il le retient deux secondes. « Magnus ? Ne rentre pas trop tard... »

C’était plutôt un appel à ne pas sombrer à nouveau dès que la première opportunité se présenterait. Peur ? Sans aucun doute. Sebastian ne pouvait savoir de quoi demain serait fait avec Magnus et avait besoin d’un peu plus de temps pour lui faire à nouveau confiance. Mais il allait réfléchir. Et appeler son père. Parce que de toute évidence, Magnus Frölander était revenu dans sa vie pour de bon...



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Ach, die Ewigkeit scheint mit dir klein


Ich will für immer bei dir sein...
Mar 2 Oct - 9:04
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